Le Guide du typographe a fait peau neuve !

Le Guide du typographe a fait peau neuve !

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La septième édition du Guide du typographe est sortie de presse au début d’octobre. D’emblée, elle a fait l’objet d’un grand retentissement. Parce que, en langue française, les ouvrages de ce type ont généralement pris de l’âge…

Quelle est donc la genèse de ce manuel édité en Suisse romande ?

C’est au sein du Groupe de Lausanne de l’Association suisse des compositeurs à la machine qu’est née l’idée de publier une « Marche à suivre typographique »… Si bien que, au cours d’une assemblée tenue le 4 octobre 1940, une commission de rédaction de cinq membres avait été constituée. Après trois années d’efforts et d’interminables discussions (comme il sied chez les servants de l’imprimerie), la première édition, intitulée Guide du typographe romand, allait sortir de presse, comptant 84 pages. Ce fut un succès, lequel encouragea les promoteurs à persévérer. En 1948, la deuxième édition était revue et augmentée (110 pages). En 1963, pour la troisième édition, un sous-titre faisait son apparition : « Règles typographiques à l’usage des auteurs et éditeurs, compositeurs et correcteurs de langue française ». Comptant 176 pages, le livre était graphiquement conçu dans la mouvance du « style suisse international ». De surcroît, imprimées sur papier de couleur, figuraient les principales règles pour la composition en anglais, allemand, italien et espagnol.

S’ensuivirent l’édition brune (1982) ; la grise (1993), primée au Concours de plus beaux livres suisses ; la rouge (2000), intitulée Guide du typographe (en raison d’une diffusion internationale, l’adjectif romand avait été abandonné). Cette sixième édition, tirée à dix mille exemplaires – ce qui, à l’échelle de la Suisse de langue française, constitue un succès de librairie pour ce genre d’ouvrage – s’est trouvée en rupture de stock au début de 2015. Le Groupe de Lausanne de l’Association suisse des typographes (AST) qui demeure, par-delà les années, l’éditeur du manuel, avait mandaté une commission d’élaboration de quatre membres en 2011. Sous la houlette du soussigné, elle a achevé ses travaux (révision, actualisation, compléments relatifs à la numérisation…), après cinquante mois assortis de turbulences et de palabres.

Que les servants de la communication écrite de même que le grand public fassent bon usage des préceptes diffusés ! Par la grâce de l’informatique – et de l’effet numérique – qui n’est pas, aujourd’hui, « enfant de Gutenberg » ? Toutefois, qu’on se rappelle bien qu’un texte corrigé selon les règles de l’art et respectant la grammaire typographique représente « le savoir-vivre de la langue écrite ».

La commission de rédaction (Marc Augiey, Joseph Christe, Chantal Moraz, Roger Chatelain)